Tous les articles par Louis Asselin

Aux prises avec l’accent…

Hier matin, le chemin de nos amis Chloé et Simon s’est séparé du nôtre. Depuis la veille de Noël, nous voyagions avec eux, et nous avons visité ensemble plusieurs superbes coins du Costa Rica.

Chloé qui, en plus de ses bagages, a emmené avec elle au Costa Rica leur enfant à venir, et Simon.
Chloé qui, en plus de ses bagages, a apporté avec elle leur enfant à venir, et Simon.

Et même s’ils sont en ce moment dans les airs en direction de Montréal, ils nous ont laissé, en plus des beaux moments partagés, un compagnon d’aventure qui restera avec nous pendant quelques jours encore : leur accent.

C’est que, voyez vous, les deux membres de ce couple montréalais sont d’origine française. Pendant les 14 jours que nous avons passés ensemble, les nuances de leurs intonations et leurs expressions caractéristiques se sont doucement infiltrées dans nos conversations, si bien que les discussions que Sabrina et moi tenons en ce moment sont empreintes d’un soupçon d’Hexagone.

C’est subtil, mais notre prononciation est un peu plus pointue que d’habitude, et nous ajoutons parfois sans raison le mot «quoi» à la fin de nos phrases. Rien de trop dramatique, quoi.

Le dernier village que nous avons visité avec eux est un endroit unique : Tortuguero. Situé sur une mince bande de terre entre la mer des Caraïbes (déchaînée comme rarement depuis quelques jours, elle a même débordé à quelques endroits, phénomène exceptionnel dans la région) et une rivière d’eau douce, cette bourgade piétonne est accessible uniquement par bateau. Porte d’entrée pour le parc national du même nom, la vie y coule au rythme de la nature et des marrées. Nous nous y sentions paisibles comme une des tortues marines qui y reviennent chaque année pour pondre leurs œufs sur la longue plage de sable noir.

Fin d’année volcanique

Après une bucolique balade en voiture à travers les colines costaricaines, nous sommes arrivés le 31 décembre dernier dans une ville qui s’appelle La Fortuna, située au pied du volcan Arenal, dont la dernière éruption remonte à 1968.

C’est là que nous avons accueilli 2015, toujours en compagnie de nos amis Chloé et Simon.

Et pour débuter l’année du bon pied, nous avons fait une petite excursion dans le Parque Nacional Volcán Arenal, une forêt tropicale (rainforest) – un écosystème très différent de la jungle que nous avions visitée au Parque Nacional Corcovado – située sur les flancs du volcan.

Photos d’aube

En cette avant-dernière journée de l’année, je me suis levé alors qu’il faisait encore noir, et j’ai marché jusqu’au bord de la mer pour photographier le soleil levant.

Nous sommes toujours sur la côte pacifique du Costa Rica, mais dans la ville de Montezuma, sur le côté est de la péninsule de Nicoya, ce qui explique pourquoi le soleil se lève sur la mer.

J’ai souvent photographié des couchers de soleil, mais je dois avouer que c’est plus rare que j’arrive à trouver la motivation pour me tirer du lit assez tôt pour les levers de soleil…

 

Rituel culinaire

Petit en-cas régulier.
Petit en-cas régulier.

Les avocats sont tellement parfaits ici que, même s’il s’agit d’un mets mexicain, nous préparons de façon systématique une guacamole par jour.

C’est devenu pratiquement une obligation depuis que nos amis Chloé et Simon nous ont rejoint la veille de Noël.

Ma recette est simple :

Guacamole pour quatre
– 2 avocats mûris à point
– Le quart d’une tomate épépinée et coupée en petits dés
– Le quart d’un oignon moyen haché finement
– Le jus d’une lime
– 2 cuillerées à soupe de crème sûre
– Sel, poivre, et sauce piquante au goût

Éplucher et écraser les avocats à la fourchette dans un bol. Ajouter les autres ingrédients et bien mélanger. Servir accompagnée de chips de maïs.

En ce moment, nous dégustons cette trempette en guise d’entrée sur la terrasse face à la mer de notre maison à Montezuma, et je commence à me sentir vraiment en vacances.

 

Frôler la mort à Drake Bay

Sir Francis Drake, marin anglais du 16ème siècle, ne laissait personne indifférent à l’époque où il naviguait dans les eaux du Nouveau-Monde.

Vu comme un héros par l’Angleterre, mais considéré comme un sanguinaire pirate par l’Espagne (qui le surnommait El Dragón), il a laissé sa marque dans l’histoire et dans la toponymie.

Du 20 au 24 décembre, nous avons séjourné dans un endroit nommé, en son honneur, Bahia Drake ou Drake Bay («La baie de Drake»), situé à l’ouest de la Peninsula de Osa, tout au sud du Costa Rica. Nous étions loin de nous douter que nous verrions la mort d’aussi près que si nous avions été sur un des navires que Drake a coulés jadis.

Bateau à voile à Drake Bay.
Bateau à voile à Drake Bay.

Les routes pour s’y rendre étant particulièrement cahoteuses, c’est en bateau que nous y sommes parvenus, en voguant parmi les mangroves et sur la mer, ce qui a pris environ une heure à partir d’une ville qui s’appelle Sierpe.

Nous y allions d’abord pour la plongée : c’est de Drake Bay que partent la plupart des expéditions pour Isla Del Caño, une île classée réserve biologique, le plus haut niveau de protection environnementale accordé par le gouvernement costaricain. Ce statut contribue à protéger cet écosystème marin très riche, comptant de nombreuses espèces de poissons et de mammifères marins, en limitant le nombre de visiteurs et en les encadrant de façon très rigoureuse.

Au loin, Isla del Caño se laisse dorer par le soleil couchant.
Au loin, Isla del Caño se laisse dorer par le soleil couchant.

Nous en avons eu plein la vue au cours de nos deux jours de plongée là-bas : bancs de poissons prolifiques, raies marines de toutes sortes, et pour la première fois de nos carrières de plongeurs, des requins! Pas des grands requins blancs mangeurs d’hommes, plutôt des requins-corail, mais quand même, c’est impressionnant de voir de très près ces poissons à l’aileron caractéristique.

Trois requins-corail contemplent le menu.
Trois requins-corail contemplent le menu.

Nos deux premiers jours se sont passés sans que notre vie soit en danger. C’est au troisième jour que le vent a tourné.

L’autre gros attrait de Drake Bay, c’est qu’elle est située à une heure de bateau du point d’accès le plus intéressant au parc national de Corcovado, la station La Sirena. Selon National Geographic, ce parc est l’endroit le plus dense au monde en terme de biodiversité. S’y côtoient de nombreuses espèces de mammifères, d’oiseaux, de reptiles et de poissons, qui évoluent dans une végétation tropicale foisonnante.

Nous y sommes donc partis en expédition le lendemain de notre deuxième jour de plongée. Ron, un guide doté de plus de vingt ans d’expérience, était à la tête de notre petit groupe de 6 explorateurs amateurs. Et une chance qu’il était là, avec son regard de faucon pèlerin, pour dénicher toutes les créatures que nos yeux de débutants ne parvenaient pas à apercevoir.

Pendant une randonnée d’environ quatre heures, nous avons vu les quatre espèces de singes qui peuplent le parc, une bonne vingtaine d’espèces d’oiseaux, des lézards aux allures de dinosaures, des sangliers sauvages, un tapir, et j’en passe. Tout allait bien jusque-là.

L’expédition tirait à sa fin, nous étions en marche vers le bateau qui allait nous ramener à bon port, quand j’ai vu, du coin de l’œil, bouger quelque chose dans le sentier devant moi. À la dernière seconde, j’ai stoppé mon enjambée pour éviter de poser le pied sur une couleuvre rougeâtre couverte d’un motif carreauté, d’une longueur d’environ un mètre et d’une circonférence de trois centimètres.

Le reptile a dû sentir qu’il était passé à deux doigts de se faire piétiner, parce qu’il s’est arrêté net lui aussi, à moitié dans les buissons, à moitié encore dans le sentier.

J’ai appelé le guide, qui était quatre personnes devant moi, et le temps qu’il arrive pour identifier l’animal, les autre membres du groupe s’étaient attroupés autour de lui.

«Oh! It’s a Fer-de-Lance», a-t-il dit, et tout de suite l’homme qui était derrière moi a saisi sa copine, paniqué, en l’éloignant du serpent et en disant «get away, Honey. It’s a dangerous viper!»

Le guide n’ayant pas l’air trop stressé, je ne me suis pas vraiment dépêché de retirer ma jambe découverte (j’étais en culottes courtes) qui se trouvait à une trentaine de centimètres du serpent, mais si j’avais su alors qu’il s’agissait du serpent le plus venimeux du Costa Rica, et, selon certains, du monde entier, j’aurais peut être bougé plus rapidement.

«What are you doing? Take a picture!», me suggérait le guide, mais la réaction du gars qui avait éloigné sa copine me rendait craintif. J’ai donc prêté ma caméra à Ron, qui a pris en photo le Fer-de-Lance.

Au moment de la photo, le serpent s'était recroquevillé.
Au moment de la photo, le serpent s’était recroquevillé.

Ce n’est qu’en recommençant à marcher que le guide nous a renseigné sur le reptile que nous venions de voir, sur son imprévisibilité et sur son venin mortel. Avec un nœud dans l’estomac, j’ai dit «we were lucky it was a small one then», et Ron m’a répondu qu’au contraire, un Fer-de-Lance juvénile n’a pas encore appris à doser son venin, et qu’en m’attaquant il aurait injecté toute la dose, contrairement à un animal plus vieux et plus gros, qui aurait envoyé juste le nécessaire pour m’immobiliser.

Heureusement qu’il ne nous restait pas trop longtemps à marcher pour arriver au bateau, parce qu’après cette rencontre, tout le groupe progressait beaucoup plus lentement, en silence, les yeux rivés sur le sol.

Sur la route des cétacés

Nous sommes présentement à Uvita, dans le parc national Marino Ballena, un endroit protégé où l’on peut, à certains moments de l’année, observer la migration des baleines à bosse !

D’août à octobre, ce sont celles d’un troupeau de la Californie qui passent près des côtes du Costa Rica, et de décembre à avril, celles d’un troupeau de l’Antarctique.

Les spécialistes de la vie marine ne savent pas exactement pourquoi les baleines migrent en passant par là, mais beaucoup croient que les eaux du Costa Rica sont un des seuls endroits au monde où les baleines à bosse s’accouplent.

La première observation d’un spécimen de la vague de migration qui commence en décembre à été reportée hier, mais les baleines ne sont pas encore très nombreuses.

Nous espérions en apercevoir en allant faire du kayak de mer ce matin, mais ce fut peine perdue.

Nous quittons tôt demain matin en direction du parc National de Corcovado, tout au sud du pays, en espérant avoir plus de chances dans nos rencontres avec la vie sous-marine.

Notre propre marque de sauce piquante.

Une des choses que nous aimons le plus faire, Sabrina et moi, lorsque nous arrivons dans un nouveau pays, c’est une forme assez particulière d’exploration : la découverte fascinante des marchés d’alimentation locaux (relire la dernière phrase avec en tête la voix de Charles Tisseyre).

En parcourant les épiceries, nous découvrons toutes sortes de choses intéressantes sur la façon dont les gens s’approvisionnent une des choses les plus fondamentales, leurs aliments

La nourriture étant une passion pour nous, dans chaque pays nous sommes émerveillés par les curiosités locales, les saveurs surprenantes (les croustilles et autres grignottines sont toujours source d’étonnement) et les habitudes culinaires que tant de produits inhabituels pour nous impliquent.

Boisson à base de graines de basilic, assaisonnée au miel, vue au Cambodge

En nous promenant dans les allées d’une petite épicerie à Quepos, nous sommes mêmes tombés sur une marque de sauce piquante (condiment dont nous raffolons tous les deux) qui porte (presque) le même nom que notre blog de voyage!

Légère faute d'orthographe mise à part, c'est notre sauce!
Légère faute d’orthographe mise à part, c’est notre sauce!

Le Juan Carlos de Juan Santamaria

Perdre ses bagages, ce n’est pas une mince affaire. Après avoir fait une déclaration officielle de ladite perte auprès de la compagnie aérienne (American Airlines dans notre cas), il faut faire preuve de beaucoup d’espoir.

Non seulement les bagages doivent-ils être retrouvés à l’aéroport où ils sont égarés, mais ils doivent aussi attendre qu’il y ait de la place pour sur le prochain vol à destination de l’endroit où ils auraient dû d’abord se rendre. C’est que, voyez-vous, la compagnie aérienne donne d’abord priorité aux bagages des voyageurs qui prennent place sur le vol. Si la soute est pleine, les bagages égarés attendent le prochain vol.

Lorsqu’ils finissent par arriver à destination, les bagages sont en théorie livrés à l’hôtel de leurs propriétaire, ce qui implique de donner à la compagnie une adresse fixe, pas une adresse qui change aux 2 jours comme c’est le cas pour nous en ce début de voyage.

Après s’être fait dire que nos bagages arriveraient en soirée dimanche le 14 (hourra! Seulement 8 heures après nous!), nous sommes allés dormir au premier hôtel prévu à notre itinéraire, en banlieue de San José.

Le lendemain matin, la livraison promise n’ayant pas eu lieu, nous devions prendre une décision : rester à cet hôtel? Changer de ville comme prévu initialement?

Devant l’impossibilité de rejoindre par téléphone le comptoir d’American Airlines, nous leur avons donné quelques heures de plus. Mais à 18 heures hier, plus de 24 heures après notre arrivée, les oreilles en compote d’être trop souvent tombés sur la tonalité «ligne occupée» tant au comptoir qu’au service à la clientèle du transporteur aérien, il nous fallait faire quelque chose.

Nous avons donc décidé de faire connaissance avec le système de transport en commun de San José. Selon le réceptionniste de notre hôtel, le trajet en autobus vers l’aéroport Juan Santamaria ne prendrait pas plus d’une heure. Trois heures et demi plus tard, après avoir pensé passer la nuit dans un embouteillage monstre, nous arrivions à l’aéroport, toujours sans savoir si nous trouverions là l’ombre de nos bagages.

Dans la petite pièce servant de salle d’attente aux touristes dans notre situation, un agent de sécurité à la mine patibulaires nous a accueilli (et c’est généreux comme terme pour décrire le mélange de détachement et de mépris avec lequel il a pris en note nos noms), seule courroie de transmission entre nous et les préposés au comptoir d’American Airlines. L’espoir de revoir rapidement nos sacs était au plus bas.

Mais heureusement, quelques minutes après notre arrivée dans ce local déprimant, l’employé qui avait recueilli notre déclaration de bagage perdu la veille a passé la tête dans l’embrasure de la porte, et a tout de suite reconnu Sabrina! Faut croire qu’elle lui avait fait de l’effet, parce qu’il y avait semble-t-il une soixantaine de valises égarées ce jour-là (c’est le début de la haute saison touristique…). Comme nous étions contents de le voir nous sourire, ce jeune homme prénommé Juan Carlos!

Rapidement, ils nous a dit qu’il avait de bonnes nouvelles pour nous, et nous a amenés dans le bureau où il avait entreposé nos deux sacs à dos! Hourra!

Ça n’aurait pas été dramatique de perdre pour vrai nos bagages, mais ça aurait commencé notre voyage sur un bien mauvais pied, surtout après toute la préparation et l’anticipation qui avait accompagné leur préparation!

Après une nuit dans un hôtel tout près de l’aéroport, nous avons quitté San José ce matin et sommes présentement à Quepos, sur la côte pacifique, prêts à vivre de vraies aventures.

Nos bagages nous font faux bond

Faut croire que nos sacs à dos ont vraiment aimé Miami : au lieu de nous suivre jusqu’à San José, ils ont décidé de rester dans la ville floridienne où nous avons fait escale ce matin!

Miami, cette ville qui a envoûté nos bagages.
Miami, cette ville qui a envoûté nos bagages.

En vérité, ce sont les bagages de tous les passagers originaires de Montréal qui ont transité par Miami (une douzaine de personnes en tout) qui n’ont pas été transférés dans la soute de l’avion qui nous amenait vers le Costa Rica.

La compagnie aérienne est supposée livrer nos sacs à l’hôtel pendant la nuit. Nous dormirons donc les doigts croisés, en souhaitant avoir des vêtements propres à nous mettre sur le dos demain.

Trop tôt pour vivre

6:00 AM, ce matin.

C’est la première fois que nous devions pendre un vol prévu aussi tôt. Comme pour tous les départs internationaux, il est recommandé d’arriver au minimum deux heures à l’avance.

Les routes étant plus ou moins bien déneigées suite aux chutes de neige de la semaine dernière, nous avions commandé un taxi pour 3:15 et réglé notre cadran pour un réveil au beau milieu de la nuit, à 3:00.

Devoir se tirer du lit aussi tôt, c’est un peu, pour moi, comme mourir en dedans. La tête ne suit pas le corps et veut rester sur l’oreiller. Un goût de métal envahit la bouche. Étourdi, j’ai toutes les misères du monde à enfiler mes pantalons sans tomber. En plus il faut faire vite, agripper nos bagages, et sortir dehors par -18 habillé presqu’en été parce que, là où on va, pas question de traîner des vêtements chauds en trop.

Ok, j’avoue, c’est bien peu souffrir pour pouvoir passer ensuite quatre semaines en vacances. Mais quand même, ça commence le périple sur une note pas trop agréable. Heureusement, dans ces circonstances, le sourire remplace rapidement la gueule de bois.

Le sympathique chauffeur de taxi nous a même offert le gîte chez ses parents à Alger si on y va un jour. Une destination à inscrire sur la liste de choix potentiels pour notre prochain voyage!