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Merci, jeune danger public!

Chère Sophia,

Depuis que tu as lancé ta petite voiture sport quelques mètres devant nous lors de ce changement de voie dangereux qui a laissé VANessa défigurée, beaucoup de bonnes choses nous sont arrivées, et nous désirons aujourd’hui te remercier d’avoir conduit de manière aussi imprudente.

Bien que découragée par ton comportement routier, ton agente d’assurance nous a été d’une grande aide. Grâce à ses démarches, nous avons rapidement obtenu un chèque devant servir à couvrir les réparations, dont le coût estimé est presque aussi élevé que le prix d’achat de notre véhicule.

Le hic, c’est que VANessa ne veut pas être réparée. Elle porte maintenant fièrement la cicatrice que l’accident lui a laissé. Avec cette balafre, elle ne s’en laisse plus imposer dans le trafic. Son air de maraudeuse fait frémir les autres voitures, qui lui cèdent le passage en baissant les phares, ce qui nous a été très utile la fin de semaine dernière dans les rues de New York City. Elle roule donc encore mieux qu’avant l’accrochage, ce qui nous aura permis de sillonner des routes toutes plus magnifiques les unes que les autres et d’affronter les autoroutes les plus achalandées sans jamais craindre pour notre sécurité.

Lorsque nous aurons encaissé le chèque des assurances, ce sera comme si nous avions remboursé l’achat de notre fourgonnette. Pour être exact, une fois les comptes faits, nous aurons payé 79 dollars pour ce véhicule qui nous aura servi de moyen de transport, de chambre à coucher et de cuisine pendant deux mois. VANessa nous dit qu’elle vaut beaucoup plus que ça, et on ne peut faire autrement que d’être d’accord. Elle joint sa voix de Dodge Caravan aux nôtres pour te dire merci, jeune danger public!

PS : Ce serait quand même une bonne chose que tu prennes des leçons de conduite.

Peu importe mon auto

Deux forces très présentes dans le sud-ouest des États-Unis m’ont beaucoup marqué au cours des dernières semaines : la musique country et new country, qu’on entend partout (sur les ondes des radios commerciales, dans les magasins, jouée live dans les bars, et même dans VANessa quand ça nous tente) et l’omniprésence des pick-up, qui doivent représenter pas loin de 95% des véhicules automobiles dans certains coins de pays (même en incluant les moissonneuses-batteuses et autres tracteurs). Paraîtrait que dans certains countys, si tu ne fais pas jouer le disque de Tim Mc Graw où la cassette de Hank Williams Jr à fond la caisse dans ton F-350 en promenant tes cousins dans la boîte, le district attorney est en droit de t’imposer le goudron et les plumes. Et il le fait.

Puisant dans ces influences, j’ai composé et enregistré (avec les moyens du bord) une chanson, que je vous offre aujourd’hui.

Peu importe mon auto

J’travaille aussi fort que n’importe lequel de mes voisins
Quand les blés sont murs, j’suis un des premiers à faire mes foins
Ma grange est solide et mon bétail est bien gardé
Mes vaches sont lucides elles savent qu’elles vont bientôt être mangées

Si en matière de choix automobile
Mes goûts diffèrent laissez-moi, laissez-moi tranquille

Qu’est-ce que ça peut vous faire que je conduise une écho
J’ai pas besoin de pick-up pour diriger mon troupeau
C’est pas de vos affaires si je conduis une écho
Je reste un vrai cowboy peu importe mon auto

J’ai deux paires de jeans, mes bottes et quatre chemises carreautées
Je porte mon chapeau trois-cent-soixante-cinq jours par année
Ma ferme est bio depuis le jour où mon père me l’a léguée
À mes animaux je donne du blé d’première qualité

Si en matière de choix automobile
Mes goûts diffèrent laissez-moi, laissez-moi tranquille

Qu’est-ce que ça peut vous faire que je conduise une écho
J’ai pas besoin de pick-up pour diriger mon troupeau
C’est pas de vos affaires si je conduis une écho
Je reste un vrai cowboy peu importe mon auto

Non pour rien au monde je changerais
De métier même si on m’y forçais
Mon ranch j’y suis né et j’y mourrai
Peu importe ce que vous en direz

Qu’est-ce que ça peut vous faire que je conduise une écho
J’ai pas besoin de pick-up pour diriger mon troupeau
C’est pas de vos affaires si je conduis une écho
Je reste un vrai cowboy peu importe mon auto

Les quatre coins

Quelque part à l’intérieur des terres, entre Las Vegas et Durango (au Colorado), se situe un point où quatre états américains (Utah, Colorado, Arizona, et Nouveau-Mexique) se rencontrent. Cet endroit unique en son genre aux États-Unis a été surnommé «The Four Corners», à ne pas confondre avec notre jeu des quatre coins à nous, qui implique un morceau de papier plié, des nombres, des couleurs et des conseils sentimentaux toujours un peu trop justes.

Nous avons visité cette région non pas à cause de sa particularité cartographique, mais parce qu’elle regorge de paysages à couper le souffle. Nos images ici.

Las Vegas, fille de joie

Louis et Sabrina à Las Vegas

Nous avons passé trois jours et deux mémorables nuits dans les bras de la cité du vice. Las Vegas est belle, éblouissante même, et elle suscite l’envie. Elle arrive presqu’à faire oublier qu’autour de son coeur doré, la “Strip”, tout est désolant. La ville est fade, sale, sèche. Certes, le désert lointain cachent des merveilles mais aux abords de la cité, ce n’est que poussière et détritus. C’est pourquoi Las Vegas met tous ses atouts de l’avant et s’assure que le regard des touristes ne s’égare pas jusque là.

Pour séduire le plus de visiteurs possible, Las Vegas se laisse tout faire, tout le temps… à condition d’y mettre le prix. Il est possible de boire, de jouer, de profiter de l’offre criante de peau à toute heure du jour ou de la nuit. Il n’est pas nécessaire de sortir d’un casino pour manger 24h sur 24h des repas aussi gastronomiques qu’inabordables, traverser la jungle ou s‘amuser avec des dauphins, des tigres, des serpents. Ici, TOUT est possible… et si ça ne l’est pas encore, demandez et vous l’aurez sous peu. Pour quelques centaines de dollars, il n‘y a rien que cette ville ne ferait pas!

Afin de répondre à tous les fantasmes, Las Vegas remodèle son visage jour après jour. Elle arrache ce qui vieillit mal; lifte et maquille ce qui a besoin d’un peu de lustre; ajoute à grands coûts les artifices manquants pour être la plus tendance. Le long de la “Strip”, les grues et les chantiers de construction rivalisent avec les façades mirobolantes des hôtels. Mais cette chirurgie urbaine a ses limites : comme les visages trop étirés de certaines chanteuses vieillissantes, Las Vegas semble parfois sur le point de craquer. Bien qu’elle chante et danse tous les soirs comme si elle avait 20 ans, avec la consommation effrénée qui la caractérise, sa chute se pointe à l’horizon. Ses fontaines coulent à flots et ses fruits de mer sont toujours frais, mais les fournisseurs, un jour, ne pourront plus la soutenir. La rivière Colorado se vide et le charbon brûlé assombrit le ciel autour d’elle. À trop abuser, elle risque de se brûler.

Sa beauté, si plastique et irréelle soit-elle, attire plus de visiteurs qu’il n’en faut pour maintenir son train de vie. Ses diamants, ses néons et ses “Mirage” sont si bien faits que du monde entier, les gens se ruent sur ce Walt Disney pour adultes. Las Vegas charme à distance ses clients, prend leur argent, les flatte et les renvoie, les poches vides et le coeur lourd d’espoirs déçus, brûler dans le désert environnant. Et au dernier moment, elle se retourne et fait un clin d’oeil, semant dans la tête de ses éphémères amants l’idée que peut-être, il y avait là quelque chose de spécial pour eux. Avec ce rêve en tête, ils planifient déjà leur prochain voyage.
Las Vegas est peut-être une pute, mais elle fait drôlement bien son travail.

Déluge dans le désert

Il est arrivé un petit accident dans Death Valley :

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Belles au naturel

Entre San Francisco et Death Valley, nous sommes passés par la chaine de montagnes Sierra Nevada. Comme plusieurs chemins qui permettent de les traverser sont fermés en hiver, nous avons dû prendre quelques détours assez spectaculaires. Vous le constaterez en regardant nos photos du Yosemite National Park et du Sequoia National Park.

Sur la voie du retour

Nous avons quitté San Francisco il y a quelques jours. Il était clair depuis le début du voyage que cette ville serait le point le plus à l’ouest et le plus au Nord sur notre route.. et quelle route! La Highway 1 est telle qu’on la prétend : époustouflante, surprenante, incontournable. Quelques photos de ses secrets et de San Francisco.

À partir de maintenant, il est temps pour nous de faire route arrière, de revenir vers la maison. Il nous reste encore beaucoup de chemins à parcourir et de choses à voir, mais nous revenons, tranquillement, vers notre réalité – la vôtre!-. Est-ce que la neige aura fondu d’ici notre retour? Est-ce que l’hiver gardera une petite tempête d’avril en réserve pour nous ou si le printemps sera là, à nous attendre? À voir… et à bientôt!

Sur la pointe des roues

À San Francisco, VANessa doit apprendre à se tenir… croche!

VANessa stationnée sur Webster Street à San Francisco, en Californie

D’autres images de la ville à venir sous peu!

En terrain hostile…

Sabrina et Louis devant le Staples Center

Nous étions fins prêts. Équipés d’une affiche certaine d’attirer l’attention des commentateurs (et des caméramens) de RDS, de notre appareil photo avec son trépied, de deux repas achetés dans une épicerie avoisinante, et de notre bronzage hawaïen, nous comptions prendre d’assaut le Staples Center, domicile des infâmes Kings de Los Angeles, en ce samedi 8 mars 2008, pour les voir se faire démolir par les Canadiens de Montréal.

C’était sans compter sur les imposantes procédures de sécurité mises sur pied par l’amphithéâtre : pas de trépieds (peut-être parce qu’on peut assommer un fanatique de l’équipe adverse avec un tel objet?), pas de nourriture provenant de l’extérieur (les cas d’empoisonnements partisans font légion lors des joutes sportives dans le sud de la Californie) ni d’affiches plus grandes que 11 pouces par 17 pouces… Nous avons donc dû nous délester de tout notre arsenal avant de pouvoir passer les détecteurs de métal.

Qu’à cela ne tienne : nos Glorieux ont affligé une sévère raclée aux pseudo-rois, en l’emportant 5-2. Comme nous avons payé nos billets 10$, ça nous a coûté 2$ par but, ce qui est un très bon rapport qualité-prix.

C’était peu cher payé pour entendre l’annonceur maison se forcer afin de prononcer correctement les noms de Patrice Brisebois et de Guillaume Latendresse pour souligner leurs but et assistances respectives.

Quelques photos d’Hawaii

Parce qu’avec le bon prix qu’on a trouvé à la dernière minute, on aurait été bien mal avisés de ne pas y aller. Parce que l’eau de la Californie est froide en hiver. Parce qu’on avait pas encore fait (trop) de folies depuis le début du voyage. Parce que… pourquoi pas? Voici nos photos d’Hawaii, plus particulièrement de l’Île d’O’ahu, où nous sommes passés du 3 au 8 mars derniers.